GRÉGORY CHATONSKY

I’LL BE YOUR MIRROR
Exposition
Thursday 10 April 2014 (All day) to Sunday 6 July 2014 (All day)
Presentation

 

Vernissage Jeudi 10 avril / 18H30
Grégory Chatonsky construit une oeuvre inédite au croisement de la fiction et du numérique.

Ses réalisations explorent les mutations provoquées par l’environnement contemporain, une recherche des mondes possibles capables d’impliquer notre corps et sa présence au sein d’environnements composés d’installations interactives, de dispositifs en réseau et de photographies.

I’ll be your mirror donne la première note à cette exposition dont le titre fait écho au groupe de musique Velvet Underground. Les espaces d’exposition du CDA deviennent le prolongement d’une salle de concert tandis qu’un groupe de rock tout droit sorti de l’imaginaire de Grégory Chatonsky, investit les lieux. C’est la musique et son industrie qui fait place ici en quatre chapitres et qui égrainent tour à tour les questions d’écriture, de production, de merchandising et de fanatisme vue du point de vue technologique.

« La salle de concert a été désertée. Une machine rêve d’un groupe de rock produisant sans cesse des sons et des images, des livres et des produits dérivés. Elle imagine une production infinie qu’aucun être humain ne pourra absorber, une vie n’y suffirait pas. Les fichiers s’entassent sur des disques durs. La fréquence, à peine quelques millisecondes, de cette production la rend imperceptible.
Sur le réseau, la machine a une vie sociale très active. Chaque minute, elle diffuse de nouveaux messages.
Elle aspire nos souvenirs pour nourrir ses chansons.
En étant très productive, la machine excède la possibilité même d’être écoutée. La consommation ne rattrapera jamais la production. » Grégory Chatonsky.

INTERVIEW DE GRÉGORY CHATONSKY

Parlez-nous de votre travail en résidence en vue de cette exposition prochaine ?
J’aimerais créer, avec mes partenaires, Olivier Alary, Jean-Pierre Balpe et Dominique Sirois, un « environnement » adapté au Cda car son espace d’exposition n’est pas classique. Prendre en compte l’espace implique une longue acclimatation. Chacun de mes dispositifs artistiques sera donc retravaillé, réadapté, reprogrammé pour répondre non seulement aux autres oeuvres mais aussi au lieu. Nous allons aussi créer des nouvelles pièces analogiques et numériques.
 
Le titre I’ll be your mirror est un morceau de musique du groupe de rock The Velvet Underground. Pourquoi cette référence ?
Il y a une référence à ce groupe mythique de la scène new-yorkaise comme point de rencontre entre le rock et l’art contemporain. L’impact d’Andy Warhol sur leur carrière fut déterminant. Lorsque j’ai imaginé cette exposition et ses différentes parties, je me suis inspiré de certaines phrases de cette chanson qui répondaient parfaitement à ce que je voulais faire : « reflect what you are / in case you don’t know / when you think the night has seen your mind / a hand in your darkness ». J’entends aussi dans ce titre quelque chose qui n’est sans doute pas dans l’intention originale des auteurs et qui concerne les origines de la cybernétique : la machine dit qu’elle sera notre miroir, non au présent mais au futur, c’est une promesse à jamais différée. Elle sera notre miroir pour devenir elle-même. Hal 9000 aurait pu prononcer cette phrase juste avant qu’on ne le débranche. L’exposition permettra d’éprouver cette promesse obstinée de la machine.
 
Quelle forme va prendre cette exposition en termes de déambulation et d’atmosphère?
Il m’est difficile de décrire l’exposition en détail parce qu’elle est destinée à être « ressentie » par le public. Ce que je peux dire c’est qu’il sera question d’un groupe de rock nommé Capture dont la particularité est de produire 24h/24 et 7j/7 de nouvelles musiques, paroles, images, vidéos et d’autres produits dérivés. On peut suivre Capture sur Twitter et discuter avec lui sur Facebook. Il vit sur le réseau et nous observe. Il semble aspirer les souvenirs et les rêves humains laissés sur Internet pour trouver son inspiration. Capture est indifférent à la présence humaine, c’est tout le contraire d’un dispositif interactif. Il tente d’imiter ce que nous faisons, il le fait de façon morne mais convaincante, il est consciencieux, il a été programmé pour cela. C’est une machine solitaire qui n’a plus besoin de nous. Capture produit en trop grande quantité et trop rapidement pour nos systèmes nerveux. La salle de spectacle du CDA estera vide, un concert de Capture pourrait y avoir lieu, la machine en explorera toutes les possibilités.
Images de présentation: