Donso + Yom & Wang Li

Concert
Vendredi 29 Mars 2013 (Jour entier)
Présentation

Deux formations explorent des territoires musicaux inédits.
Le Centre des arts propose une soirée composée autour de deux projets issus de rencontres musicales inédites. Au-delà d’une démarche de « fusion », ces deux projets ont recherché et investi un véritable langage musical commun.

Donso
Le groupe franco-malien Donso imagine et provoque une rencontre entre musique malienne et sonorités électro inaugurant un univers atmosphérique et hypnotique jalonné de blues malien, de groove envoûtant et de rythmes traditionnels.
Autour des musiciens Pierre-Antoine Grison aussi connu sous le nom KrazyBalhead, signé sur Edbanger Records, du guitariste Guimba Kouyaté, du percussionniste Thomas Guillaume et du chanteur Gédéon Papa Diarra, Donso déroule un paysage musical hybride qui transcende les codes des styles musicaux propres aux quatre musiciens.
 

Comment est né ce projet ? Donso est né de ma rencontre avec Thomas, on habitait dans le même immeuble. Je l’entendais jouer de son drôle d’instrument à travers les murs. Au fil de nos rencontres j’ai su qu’il s’agissait d’un Donso N’Goni, une sorte de harpe malienne. Nous avons monté le groupe petit à petit, en nous faisant découvrir nos univers musicaux respectifs, lui du coté du Mali, et moi plus proche de la musique électronique. Gédéon nous a rapidement rejoint au chant, puis ce furent Moh et Seyba à la guitare et autres instruments.

 

Quelles sont vos références artistiques communes ? Ca commence forcément par les classiques maliens : Ali Farka Toure, Oumou Sangare, la musique des chasseurs, et ca va jusqu’au dubstep en passant par le rock tendance psychédélique. L’éventail de style est donc assez large… Dans les festivals, on se retrouve souvent à courir de la scène « musiques du monde » à la scène « électro ».

 

Comment décririez-vous votre langage musical commun ? C’est un mélange de passé et de modernité. On utilise des sons et des chansons qui existent depuis des millénaires, et on les transporte dans le futur. Donso, c’est une relecture de la musique malienne traditionnelle avec des instruments contemporains. Ce qu’on essaie de faire, c’est d’embrasser à la fois le passé et l’avenir.

 

Où voulez-vous emmener le public avec ce spectacle ? On a envie d’inviter le public au coin d’un feu, perdu dans le désert malien, la tête plongée dans les étoiles. Dans le ciel, parmi les constellations, on distingue quelques satellites, avec à bord des tas de boutons et de voyants qui clignotent. Donso se situe la, quelque part entre les dunes de sable et les circuits électroniques.

 


Yom & Wang Li
Le clarinettiste Yom, reconnu comme un virtuose de la clarinette klezmer ouvre avec Wang Li, génie vibrant de la guimbarde, un espace sonore intense et visionnaire au service d’un langage musical poétique et onirique. Ce duo, issu d’un coup de foudre artistique, imagine un dialogue méditatif porteur de résonances à la fois intimes et universelles.

 

Comment est né ce projet ?
Wang Li : Né ce n’est pas né, pas né c’est déjà né.
Yom : Ce projet est né et a pu perdurer grâce à l’évidence de notre connivence artistique et poétique, dont nous nous sommes aperçus dès les premières répétitions. Sans doute Wang Li et moi n’aurions pas la même version de ce début, mais pour ma part, il y a eu un coup de foudre musical quand je l’ai entendu jouer à l’auditorium du musée du Quai Branly à Paris. Je lui ai alors proposé immédiatement de tenter de jouer un ou deux morceaux avec moi en duo, comme invité d’un de mes concerts suivants ; c’est dès le début des répétitions que j’ai senti que nos différences, absolument fondamentales, pouvaient faire de cette rencontre une des aventures humaines et musicales les plus passionnantes qui soient.

 

Quelles sont vos références artistiques communes ?
Wang Li : Désir.
Yom : Quelque part au fond de nous, au delà des différences qui peuvent découler de nos cultures, de nos origines, de nos parcours, il y a une grande proximité poétique, plus ou moins descriptible. Nous avons la même envie de transe, le même besoin de mysticisme et d’inspiration, de liberté d’improvisation mais aussi de structuration précise. On peut retrouver ces caractéristiques dans la musique indienne qui est une des références ou influences artistiques que nous partageons clairement parmi d’autres musiques modales.

 

Comment décririez-vous votre langage musical ?
Yom : J’estime que notre langage musical commun est pratiquement indescriptible, il est fait de nombreux matériaux complètement détournés et remodelés. Son originalité est aussi due à nos différences fondamentales de culture, d’apprentissage de la musique, de mode de vie, de caractère qui nous ont forcés à aller le plus loin et le plus profondément possible vers une poésie dénuée au maximum de codes préexistants, ni klezmer, ni chinois traditionnel, ni sino judaïque, ni judéo chinois, un langage musical autre, à la croisée des musiques traditionnelles modales, de la transe, de l’écriture contemporaine, voire de la techno parfois.

 

Où voulez-vous emmener le public avec ce spectacle ?
Wang Li : Faux Chemin perdu.
Yom : Ce concert et les images qui l’accompagnent sont destinés à emmener avec nous le spectateur dans un univers singulier, onirique et luxuriant, dans un monde parallèle, comme une plongée dans la vie du végétal, un moment pour vivre la nature de l’intérieur, dans un monde de poésie, de transe et de mysticisme, un moment pour penser l’espace et le temps autrement, dans nos vie où le rythme nous est si souvent imposé par des éléments extérieurs techniques et dictateurs…

 

Images de présentation: